jeudi 18 mars 2010

Mount Bruce, Elwyn Welch et le takahe

Notre périple dans le Tongariro nous a fait passer par un autre sanctuaire à nanimaux : Pukaha Mount Bruce. L'impression est très différente de Karori.


Anguilles, kereru et kaka

Pourquoi la différence ? Pukaha Mount Bruce est un centre réputé mondialement pour les programmes de reproduction en captivité d'espèces en voie d'extinction. Du coup, il y a plein de volières.

>> En lire plus sur le site de Puhaka Mount Bruce (Anglais) <<

Mais du coup, ça nous a permis de voir un monsieur kokako en train de bouloter son arbre préféré.



>> Le kokako sur Wikipedia (Anglais) <<
>> Le kokako sur le site du DOC (Anglais) <<

Mais l'hôte historique de Mount Bruce, c'est le takahe.

La redécouverte

Tout commença en 1957.... Ou plutôt en 1868, dernière année du 19ème siècle où un takahe a été observé. Jusqu'en 1948, il a été considéré éteint. Puis, un chercheur d'Invercargill, Dr Geoffrey Orbell, a retrouvé des traces, puis un oiseau, puis une population d'environ 200 oiseaux, dans l'Ile du Sud.


Dr Geoffrey Orbell en 1949 (à droite)


A l'époque, Elwyn Welch était un fermier du Wairarapa passionné d'ornithologie. Il avait commencé à expérimenter la reproduction en captivité du brown teal, un gentil canard aussi en danger. Au courant de ses résultats, la Wildlife Division le contacta pour tenter la même avec des takahe.

Fut alors montée une opération secrète, avec faux noms et tout et tout pour aller récupérer des petits et les ramener dans l'Ile du Nord. L'histoire ne dit pas pourquoi il fallait que ce soit secret... Mon hypothèse, c'est que vu qu'ils venaient d'être redécouverts, y a des gens qui auraient pas aimé qu'on les enlèvent à leur habitat naturel. Va savoir, Charles...


Elwyn Welch en 1957 (merci dnzb)

Enfin bon bref, notre bon vieux Elwyn, lui, avait élevé des poules pour qu'elles élèvent les petits takahe. L'opération fut couronnée de succès et quand elle fut rendue publique, plus de 13 000 personnes se sont déplacées pour voir les belles bêtes.

En 1961, Edwyn Welsh vend sa ferme pour partir au Nigéria, où il mourra de maladie seulement quelques mois plus tard.

Source : biographie d'Elwyn Welch sur dnzb

Le takahe

Le takahe fait partie des rallidés. C'est une famille extrêmement diverse, mais globalement, ils préfèrent la marche au vol. Certaines espèces sont migratrices, mais la faiblesse de leurs aile fait qu'ils sont très susceptibles de se faire promener par le vent.


Takahe et son petit


C'est ainsi qu'il y a environ 10 millions d'années (d'après certaines sources), certains se sont plantés de chemin et ont atterri en Nouvelle Zélande, où la bisounoursitude de l'habitat leur a fait perdre totalement la capacité à voler.

Il ne faut pas le confondre avec son cousin pukeko, qui lui n'est arrivé qu'il y a environ 1000 ans, et sait voler. Si vous voyez un truc ressemblant dans un champ, c'est forcément un pukeko.


Ceci est un pukeko


Ne sachant pas voler, les takahe ont fini par se séparer en 2 espèces : le takahe de l'Ile du Nord, aujourd'hui éteint, et le takahe de l'Ile du Sud, dont il reste environ 160 exemplaires en état de marche.

Manque de bol pour eux, l'homme est arrivé. Ils ont servi d'amuse-gueule aux Maori, avant de se faire décimer par tous les méchants nanimaux ramenés par les occidentaux. A noter que son principal ennemi est le cerf. Ce dernier, ramené pour faire plaisir aux chasseurs, se trouve boulotter les mêmes herbes que notre sujet.


Bouh grrr méchant cerfs !


Résultat, ben le takahe il crève la faim. Ajoutez à ça une année froide, et ça décime les troupes. Bref, y a du boulot pour arriver à le conserver pour de bon...

>> Takahe sur Wikipédia (Anglais) <<
>> Takahe sur le site du DOC (Anglais) <<

mercredi 10 mars 2010

L'autre Tongariro : 42 Traverse et lac Rotokura

Y a quelques week-ends de cela, on a décidé sur un coup de tête qu'on allait remonter dans le Tongariro et faire une des ballades à vélo mythiques du pays : la 42 Traverse.

42 Traverse

La 42 Traverse fait 48 km. Elle n'est pas à 42° de latitude (Wellington est à 41° seulement). Donc toutes mes hypothèses sur l'origine de ce nom à la con sont à l'eau. Je dois la vérité au site du DOC :

La 42 Traverse traverse le Tongariro Forest Park. A l'origine, c'était une forêt exploitée pour son bois, la State Forest 42. Evidemment, juste pour me contrarier, il y avait 43 moulins à bois. Le dernier a fermé en 1978, quand le dernier arbre a été coupé. A ce moment-là, l'Etat a proposé d'en faire des fermes et une forêt d'élevage.

Mais que nenni, tous les locaux étaient d'accord que c'était une mauvaise idée, et qu'il fallait en faire un parc naturel. Ce fut chose faite après 9 ans de négociations, en 1987. Et grâce à ça, tout le monde en profite aujourd'hui : 4x4, motos, vélos, piétons, pêcheurs, chasseurs, kiwis, etc.



Seule déception de la ballade : une fois arrivés en haut de la grosse montée, ils ont oublié de mettre une belle vue. On est totalement entouré de bush... Du coup peu de photos.

Lake Rotokura

Le lendemain, avant de repartir dans nos pénates, on a été faire un petit tour vers le lac Rotokura et Dry Lake. Manque de bol, y avait quelques nuages qui nous ont caché le Ruapehu...

Ce qu'on a vu



La version sans nuage


Merci TotalTravel

dimanche 28 février 2010

Du Coromandel à Wellington

Je me disais que j'allais écrire de belles histoires sur notre périple dans l'Ile du Nord avec Claude et Jean-Claude, mais un week-end de vélo plus tard, il faut se rendre à l'évidence : c'est beaucoup trop de travail !

Donc vous n'aurez droit qu'à une sélection de photos. Les deux spécimens sus-cités ont désormais quitté le pays et devraient atterrir en France bientôt, plein de mémoires et de photos qu'ils partageront de façon sûre.

Coromandel

On a commencé très roots : camping du DOC au bord de la plage, avec douches froides, toilettes chimiques et pas d'eau potable... Mais on s'en fout, on avait une belle tente :-) (Merci aux contributeurs !)



>> Toutes les photos du Coromandel <<

Rotorua

Un passage éclair d'une soirée + un matin nous a permis de nous essayer aux poi et au haka, respirer des vapeurs d'oeuf pourri et nous frotter aux geysers de Te Puia et Wai-o-Tapu.



>> Photos de Rotorua (début) <<
>> Photos de Rotorua (suite) <<

Taupo

Le passage à Taupo a été encore plus éclair, mais on a trempé les pieds dans les sources chaudes de Spa Park, où un ruisseau totalement brûlant rencontre les courants frais de la Waikato River.



>> La photo de Taupo <<

Tongariro

Les conditions climatiques étaient simplement idéales pour faire le Tongariro Alpine Crossing. Pendant que Claude et Jean-Claude montaient tranquillement, on a tracé avec Jeff jusqu'au sommet du Mont Tongariro. Ca vaut son pesant de cacahuète !



>> Photos du Tongariro (début) <<
>> Photos du Tongariro (suite) <<
>> Photos du Tongariro (fin) <<

Mahia Peninsula

Après tous ces efforts, il a fallu aller se reposer à la plage. Mahia Beach nous a offert de la belle mer, des belles vues, avec des crustacés et une réserve à proximité. Que demande le peuple ?



>> Photos de Mahia <<

Porangahau

Enfin, pour rendre le trajet jusqu'à Wellington moins long, on a décidé de le couper en deux, ce qui nous a fait nous arrêter à Porangahau. C'est totalement paumé, derrière plein de collines à moutons... Les gérants du camping étant en vacances, et leur voisin à la pêche, on a même eu du mal à payer.



>> Toutes les photos de Porangahau (enfin, par là-bas) <<

Wellington

Une fois arrivés à Wellington, on est retournés travailler avec Jeff, du coup pas de photos de cette fois-ci, mais vous pouvez quand même profiter des photos d'avant :

>> Toutes nos photos de Wellington <<

A bientôt pour de nouvelles aventures :)

lundi 25 janvier 2010

New Year's weekend: Queen Charlotte Track

La fin du mois et nos prochaines vacances approchant, il vaut mieux que je me dépèche de finir nos aventures du Nouvel An.

Nous voici donc partis pour 4 jours de marche sur la Queen Charlotte Track, qui longe la Queen Charlotte Sound, dans les Marlborough Sounds.


Merci Wikipedia :)

Les Sounds sont des vallées qui, le temps et la géologie aidant, ont été englouties par la mer. La Queen Charlotte Sound est la plus connue des Sounds de l'Ile du Sud, parce que le ferry passe au milieu. Elle a été nommée du nom de la Reine d'Angleterre en vogue à l'époque où James Cook et Abel Tasman se doraient la pilule dans le coin.


Captain James Cook, merci Te Papa :)


Jour 0

Le ferry nous a menés le 31 Décembre à Picton, où on a dégusté du foie gras et du champagne en regardant du Pulp Sport en série, avant de nous finir en regardant un joli feu d'artifice



Jour 1

Nous voilà partis en water taxi pour le départ de la marche : Ship Cove. Captain Cook a passé pas loin de 6 mois à Ship Cove, en 1770, à réparer son bâteau, faire récupérer son équipage, et découvrir les moeurs locales. Du coup il a eu droit à un superbe mémorial que notre chauffeur de water taxi n'aime pas du tout...


Le mémorial en 1939, merci NZETC


>> Lire l'histoire de l'arrivée de Cook à Ship Cove <<

S'ensuivent 9h de marche avec des sacs bien chargés, et des weka qui n'ont pas arrêté de nous poursuivre. Une fois arrivés à Camp Bay, les pieds endoloris, on se rend compte qu'en fait c'était pas de Ship Cove qu'on voulait partir, mais de Resolution Bay, 2h de marche moins loin...



Jour 2

Bravant le mal au pied et les sacs lourds, on profite du fait que le temps se soit couvert pour ne pas cramer. Une fois arrivés à notre point de chute à Black Rock (à 300m d'altitude), il se met à faire super beau, et on regarde les nuages passer paisiblement.



Et en plus, on est tous seuls dans ce camping... avec 2 wekas.

Jour 3

Après avoir séché notre tente tant bien que mal, et réparé les sortes d'ampoules/trucs bizarres sur les pieds de JiBS, on repart de Black Rock, bon pied bon oeil. Et là, il commence à pleuvoir. Après avoir bravé les rafales de vent chargées de pluie et déjoué les innombrables pièges tendus par les arbres avec leurs racines, on arrive enfin à Mistletoe Bay.



La bonne nouvelle, c'est que c'est un vrai camping avec des douches chaudes (et des alpagas) !

Jour 4

Re-bonne nouvelle, il fait beau, et en plus on a trois fois rien à marcher. Du coup on se la coule douce et on fait coucou aux moutons, avant de reprendre le water taxi puis le ferry direction la maison.




Weka weka weka

Le weka est un autre de ces oiseaux endémiques qui ne savent pas voler. Il en existe 4 espèces, dont le tempérament diffère beaucoup. Dans l'Ile du Nord, ils sont timides, réservées et restent dans les fourrés. Dans les Marlborough Sounds, au contraire, ils viennent vous voir sans arrêt.



>> Plus d'infos sur le site du DOC <<

mardi 19 janvier 2010

Christmas weekend Pt 2 - Whanganui

Continuons nos aventures...

Après avoir trottiné autour de Monsieur Taranaki, départ pour Raetihi, ville où y a à peu près rien, sauf un camping (du coup pas de photos).

Le lundi, on part affronter la Whanganui River. On a trouvé des gens qui organisent un trip sympa : remontée de la rivière en jet boat le matin, petite ballade et pique nique au Bridge to Nowhere, puis retour en canoe, puis fin en jet boat parce que le canoe, c'est pas très rapide en fait...



L'autre histoire : le Bridge to Nowhere

Ce Bridge to Nowhere est un rescapé de l'histoire de l'aménagement du territoire kiwi... Un pont qui sert à rien, entre rien et encore plus de rien. Et le pire, c'est que ça a toujours été comme ça !


Le Bridge to Nowhere (et JiBS)

En 1917, il fallait recaser les soldats revenus de la guerre. Le gouvernement de l'époque a alors acheté plein de terres un peu partout pour les mettre dessus. Ca incluait ce petit coin de verdure autour de la Whanganui River. C'était pas mal pensé : à l'époque, les routes étaient à peu près inexistantes dans le centre de l'Ile du Nord, et la Whanganui River servait d'autoroute avec de gros bâteaux à vapeur.


Bâteau sur la Whanganui River, 1930, merci NZETC


40 familles se sont donc installées dans la vallée, ont tout déboisé, ont planté de l'herbe, puis des moutons. Ca a pas trop mal marché au début, mais les terres étaient peu fertiles, et puis elles ont commencé à s'éroder à cause du déboisement, et puis y a eu la crise. En plus de ça, la laine du coin ne se vendait pas, parce qu'elle arrivait noire au marché, après deux jours passés dans les fumées du charbon du bâteau.

Les familles commencèrent à en avoir marre et partaient une par une de la vallée. Pour essayer de rebooster l'histoire, le gouvernement décida de faire une route qui devait devenir l'autoroute majeure pour traverser l'Ile du Nord. Il y eut donc creusage et construction sur 70km, puis construction du pont en 1936. A l'époque, il y avait encore 12 familles. Les travaux n'ont jamais continué plus loin que le pont, puis en 1942, une crue a emporté 40km de la route.


Vestige des colons

Il ne restait plus que 3 familles. A ce moment-là, le gouvernement a décidé d'arrêter les frais, a fermé la route, et a demandé aux irréductibles de déménager. Depuis, la nature a repris ses droits, et il ne reste quasiment plus que le pont en souvenir de toutes ces familles.

>> Plus d'infos sur la brochure du DOC (pdf) <<

Et chose hallucinante, y a la même histoire en Californie ! Ils ont aussi un Bridge to Nowhere là-bas, qui a été abandonné dans les mêmes conditions...
>> L'histoire du Bridge to Nowhere de Californie <<

Finissage au soleil

Après tout ça, on a laissé JiBS à Ohakune sous une pluie battante, avec le maigre espoir qu'il puisse faire le Tongariro Crossing le lendemain. Pendant ce temps, on a rejoint le soleil, pu admirer une démo de speedsters à Wanganui, et fini notre parcours par un détour à Makara Beach, un village de pêcheurs caché derrière Wellington.



Et il a bien fallu retourner au travail le mardi, pendant que JiBS loosait dans sa chambre d'hôtel : toutes les ballades étaient fermées pour cause de temps épouvantable :-/

samedi 16 janvier 2010

Christmas weekend Pt 1 - Taranaki

Un des trucs que j'aime avec Noël ici, c'est que non seulement on a deux jours fériés, Noël et Boxing Day, mais en plus, on les a quoi qu'il arrive. Si un ou les deux jours tombent pendant le week-end, la fériéitude est reportée aux lundi et mardi suivants.

Bref, ça permet d'avoir un week-end de 4 jours quasiment tous les ans. Et cette annéee, on l'a passé avec JiBS, dans le Taranaki et le Whanganui National Park.



Un peu d'histoire

Selon la légende, le mont Taranaki vivait à l'origine dans le plateau central, avec ses potes Ruapehu, Ngauruhoe et Tongariro, et la belle Pihanga. Taranaki était totalement amoureux de Pihanga, mais elle était totalement mariée au vieux sage Tongariro.

Ne tenant plus, Taranaki essaya quand même de la séduire, ce qui déplut fortement au mari. S'ensuit une bataille entre les deux monts, qui s'acheva par la défaite de Taranaki.

Celui-ci s'enfuit dans la nuit vers l'ouest, plein de rage et de peine. Au matin, il atteignit la mer et décida de se poser là, en regardant vers le nord.


Image: Te Ara


Sur son passage, il avait déchiré la terre et créé une immense gorge. Au petit matin, l'eau se mit à couler depuis le Tongariro et remplit la gorge pour former la Whanganui River.

Et comme d'habitude, il existe une foultitude de versions de cette histoire selon l'iwi (tribu) qui la raconte...
>> Lire une version alternative sur Te Ara (Anglais) <<

Et puis nos aventures

Après un bon repas de réveillon comme il se doit, nous voilà partis pour le Taranaki le samedi 25 Décembre. On a bien eu la win au niveau temps, et cette fois, on a réussi à voir le Taranaki, d'habitude enveloppé dans un manteau de nuages...



Après l'avoir moultement contourné, on arrive à Opunake, où on pose la tente à côté de la plage.



Le dimanche, ballade autour du Taranaki lui-même, avec des forêts enchantées, des ponts suspendus et des cascades.



Cette forêt est quand même pas du tout pour les hobbits : y a des marches qui sont taillées pour les géants. Autant dire que c'était piece of cake pour JiBS, et légèrement relou pour moi...



La suite au prochain épisode...

vendredi 18 décembre 2009

L'autre Kiwi

Chez ma maman, y a du cirage à chaussure qui s'appelle Kiwi...



Et jusqu'à aujourd'hui, j'avais vraiment jamais fait le rapprochement avec le piti kiwi de la Nouvelle Zélande !

J'étais tranquillement en train de lire un article sur le zozio symbole de la Nouvelle Zélande, et c'est là que j'ai découvert toute la vérité !
>> Lire l'article sur le kiwi dans Te Ara <<



A l'origine, le cirage Kiwi a été créé par un Australien (c'est bien malin !). Mais sa femme étant Néo Zélandaise, il a trouvé que Kiwi serait un chouette nom, facile à retenir et qui sonne bien. Et puis bon, un kiwi c'est mignon aussi, donc ça faisait un joli logo... Il a réussi à s'incruster dans les fournisseurs préférés des armées British et Américaines pour la première guerre mondiale. Après ça, tout a roulé sur des roulettes, tant et si bien qu'ils détiennent aujourd'hui 53% des parts de marchés mondiales !
>> Lire l'article sur Wikipedia <<
>> Lire l'historique sur le site officiel<<

Et ils sont toujours bien placés auprès de l'armée, assez pour produire un cirage spécial pour faire briller les chaussures pour les parades !



Encore une victoire pour Internet.com :-)

lundi 14 décembre 2009

Papaitonga, nous voilà

Ce week-end, les Phoenix jouaient à Palmerston North. On en a donc profité pour faire un peu de tourisme et pour se culturer gentiment sur la région... Ceci nous fit passer au lac Papaitonga.

Le lac Papaitonga est situé au bord de la mer, à environ 90km au Nord de Wellington. C'est un des derniers lacs marécageux de la région, et est donc un refuge privilégié pour plein d'oiseaux et d'arbres. Il est en plus joli, entouré d'une jolie réserve touffue super bien aménagée. Mais surtout, il est chargé d'histoire...
>> Voir le lac sur une carte <<



Vous vous souviendrez peut-être de l'iwi (tribu) Ngāti Toa Rangatira, qui nous avaient accueilli pour notre stage de musique Māorie. Ben en fait, c'était pas les premiers habitants des lieux. Les premiers, c'était les Muaūpoko. Leur nom vient de "mua" et "ūpoko", ou "au devant de la tête" [du poisson]. Le poisson, c'est Te Ika a Māui, soit l'île du Nord, qui a été pêchée par Māui depuis son bateau, l'île du sud.


Le logo de Muaūpoko, pris sur leur site


En plus de source de nourriture, le lac fournissait aussi un abri aux Muaūpoko. Le lac s'appelait encore à l'époque Waiwiri (eaux tremblantes), et Papaitonga (beauté du Sud) était une île sur le lac. Les Muaūpoko construisirent une deuxième île (comme quoi, il n'y a pas que les blancs qui ont eu l'idée de faire des îles artificielles !) en entassant entre des poteaux : des joncs aux racines encore terreuses, des kilos et kilos de coquilles de moules, puis tout plein de terre. Ajoutez à ça des huttes et une palissade, et vous obtenez un pā, c'est à dire un camp retranché Māori.


Le lac Papaitonga/Waiwiri en 1917 (merci Te Papa)


Mais tout changea en 1823. Ngāti Toa Rangatira se firent bouter de leurs terres natales autour du Taranaki. Ils commencèrent alors une grande migration vers le Sud, qui se devait d'inclure le boutage des locaux. Les chefs Muaūpoko de l'époque, non contents d'avoir de nouveaux voisins, invitèrent Te Rauparaha (chef des Ngāti Toa) et sa clique à venir manger de l'anguille chez eux... Puis les attaquèrent sournoisement. Te Rauparaha survécut mais perdit son fils et sa fille. Il contre-attaqua quelques temps plus tard dans ce qui devint un des plus grands massacres des guerres de Nouvelle Zélande. Les Ngāti Toa avaient des mousquets... Pas les Muaūpoko...

Puis, après un certain nombre d'années de guerre en continu, puis une grande vague de Christianisation, un botaniste nommé Walter Buller acheta le tout pour le transformer en réserve naturelle.


Le lac aujourd'hui (merci le site du DOC)


La lecture la plus intéressante à ce sujet a été The New Zealand Railways Magazine, Volume 7, Issue 5, de Septembre 1932 ! Merci à NZECT pour la numérisation :)
>> Lire l'article complet sur www.nzetc.org <<

A part ça, parmi les autres faits marquants de ce samedi, il y a eu des accordeurs de cornemuse au centre de Palmerston North, une roseraie gorgée d'eau, et un match des Phoenix dans un vent de ouf...





Et maintenant je suis totalement malade et en train de finir toutes mes boîtes de kleenex, c'est bien malin, ça >_<

mardi 10 novembre 2009

La Marae de Hongoeka (et les Marae en général)

Voilà le premier volet de la suite de mes posts sur la Māoritude... Comme j'ai évidemment oublié de ramener mes instruments du boulot, faudra attendre un peu pour les entendre :-)

Marae, quoi ça ?

En faisant une comparaison un peu hâtive, je pourrais dire qu'une Marae, c'est une sorte de MJC combinée avec une salle des fêtes. En gros, c'est un ensemble de bâtiments communautaires dans lesquels se déroulent les moments importants de la vie des différentes iwi (tribus), hapu (sous-tribus) et whānau (familles).


La Marae de Hongoeka, dedans et dehors

Il se passe plein de trucs différents dans les Marae, par exemple :
  • Des réunions (hui), de groupes d'une même communauté, ou entre tribus
  • Des formations (wānanga), comme celle à laquelle j'ai été
  • Des mariages (beaucoup de traductions possibles !)
  • Des cérémonies funéraires (tangi)
  • Des concerts (whakangahau)
  • Des remises de diplômes, et autres

Le genre d'événements qui s'y passent dépendra souvent du statut de la Marae, parce que les Marae ont aussi une hiérarchie ! Celle de Hongoeka est une marae de hapu (sous-tribu). Du coup, il n'y a pas de rencontres entre iwi (tribus) dedans. Elles se passent dans la Marae principale de Ngāti Toa, Takapuwahia, qui est juste à quelques kilomètres.


Rauparaha, un des plus grands chefs de Ngāti Toa Rangatira

Et elles sont toutes jolies les Marae ?

Vous ne vous posiez probablement pas la question, mais vous saurez quand même, nya !

En fait, y en a pour tous les goûts. Y a des Marae très classe, avec des sculptures partout, comme celle de Hongoeka.



A Hongoeka, toutes les sculptures représentent des ancêtres de la tribu Ngāti Toa. C'était un choix des constructeurs. Dans les Marae de tribu, on trouvera souvent des ancêtres de plusieurs tribus avec qui ils ont été en contact.

Y en a d'autres qui ressemblent totalement à rien, comme celle où j'avais fait ma première journée sur les instruments Māori.



Même si elle ressemblait pas à grand chose de dehors, la Marae avait quand même un poteau central sculpté, et des photos des générations précédentes.

Et y en a qui tiennent plus de l'art moderne, comme celle de Te Papa.


Merci à Te Papa pour l'image :)

En développant le principe de représentation de toutes les iwi, la Marae de Te Papa incorpore des représentants de différentes nations, d'Europe, d'Asie et d'ailleurs. Elle a même un avion sur le portail d'entrée !

D'autres photos de Marae sur le site de Te Papa

Ca se passe comme ça chez Mc... les Māori

Pour cette partie, faut que je commence par un disclaimer : c'est mon état actuel de compréhension de ce qui se passe. Il me reste encore beaucoup à apprendre !!

La première étape de tout ce qui se passe à la Marae est un powhiri. C'est une cérémonie d'accueil pour les invités (manuhiri), tout simplement. Pour les invités particulièrement importants, et pour les cérémonies funéraires, ça se transforme en haka powhiri, où on rajoute un haka vers le début. La version du haka se ressemble, mais a toujours une variante pour la tribu en question.


Haka, merci encore Te Papa !

En règle générale, c'est un kaumatua (mmm... un petit vieux, pour faire simple) qui va dire la prière, puis faire le discours d'accueil. Les kaumatua sont très importants dans l'organisation Maorie. Ils ont divers rôles comme la politique inter-tribale, la gestion de la communauté, ou encore l'éducation culturelle des plus jeunes.


La kuia (grand-mère) de la Marae de Hongoeka

De ce côté-là, j'ai un peu halluciné en écoutant l'histoire d'un des gars qui était à la formation. Quand il était petit, sa grand-mère a décidé qu'elle ferait un meilleur boulot que sa fille, et elle l'a emmené chez elle pour l'éduquer elle-même. J'ai l'impression que c'est une pratique relativement courante. C'est aussi un moyen de refaire vivre la langue Māorie. Les grand-parents le parlent encore, alors que toute la génération du baby-boom a été dé-Māorisée par le système éducatif.

Mais revenons à nos moutons...

Les différentes parties de la Marae

On trouve toujours les mêmes bâtiments dans une Marae :
  • Wharenui (grande maison) : c'est le coeur de la Marae, là où vont se passer les différents événements
  • Marae ātea (Marae ouverte) : en général devant la wharenui, c'est là où se passent les powhiri
  • Wharekai (maison à manger) : Là où tout le monde va... ben... manger
  • Whare awhina (maison à aider) : Celle-là, j'ai pas vraiment trouvé d'explication nulle part pour l'instant
  • Bloc de douches/toilettes : Pareil qu'au camping ! :)



La Marae ātea, et la wharenui dans le fond

Kaitiaki

Et en cadeau bonux, la petite marae de Hongoeka a aussi un kaitiaki, ou ange gardien, ou esprit protecteur. Littéralement traduit par "celui dont le rôle est de prendre soin et protéger", kaitiaki veut aussi dire nounou, ou encore "Collection manager" (ceux qui font en sorte que nos objets de collection soient bien conservés comme il faut).



Le kaitiaki de Hongoeka est une raie présente dans la baie, représentée dans la Marae, et qui est aussi venue nous rendre visite !

mardi 18 août 2009

Taper, taper, taper des enfants !

Oh oui c'est bon ça, taper des enfants tout pleins...

Trêves de plaisanterie, un magnifique référendum est en cours en Nouvelle-Zélande.
La Question :
Should a smack as part of good parental correction be a criminal offence in New Zealand?
Autrement dit :
Est-ce qu'une gifle, intégrée dans une bonne éducation parentale, doit être considérée comme un crime en Nouvelle-Zélande ?

Ce référendum est un référendum qui a été lancé par la population.
Pour qu'un tel référendum soit organisé, il faut qu'une pétition soit signée par 10% de la population.
Pour donner une idée, il y avait 2 990 759 inscrits sur les listes pour la dernière élection...ça fait donc une grosse pétition...

Pourquoi un tel référendum? A cause d'une loi qui a été passée sur ce thème en 2007...
Le texte de loi en question est cours mais je ne ferais pas l'exercice oh combien périlleux de traduire :
http://www.legislation.govt.nz/act/public/1961/0043/latest/DLM328291.html
Le truc m'a l'air très vague pour un texte de loi mais globalement je pense qu'on peut retenir que l'esprit de la loi est d'avoir un outil supplémentaire pour poursuivre les personnes qui battent leurs enfants. La lettre de la loi étant assez floue, ça donne un peu l'impression que n'importe qui peut se faire poursuivre, mais peut aussi très bien s'en sortir devant la cour en jouant sur les mots.

Alors évidemment les partisans du oui disent que la loi marche bien et qu'il n'y a donc aucun intérêt à la modifier et les partisans du non disent qu'elle marche mal.
A mon avis, c'est un peu un faux débat dans le sens où réaliser l'objectif premier (punir les méchants) doit bien être réalisable avec ou sans cette loi. Si un gosse est vraiment abimé, ça va se voir, mais le gros problème c'est d'arriver à faire témoigner les victimes afin d'éviter le coup de "il est tombé dans l'escalier". Bref, la problématique autour de l'enfance battue ne va pas être résolue par cette loi.
Le passage de cette question montre aussi les limites de la démocratie participative. On dépense des millions (9 millions de dollars néo-zélandais) pour une question complètement orientée (littéralement, au niveau du texte) et dont pas grand monde à quelque chose à faire (75% des néo-zélandais pensent que ce référendum est une perte de temps selon certains sondages).

Le vote pour ce référendum se fait par courrier. Comme dans toute bonne démocratie qui se respecte, les votes blancs ne sont pas comptés (...) donc ma seule action va être l'inaction : ne pas voter. En espérant que beaucoup de personne fassent de même et qu'ils s'aperçoivent que ce référendum est inutile et biaisé.

Au niveau du sujet en lui-même, je pense qu'une bonne claque tous les 5 ans ça peut pas faire de mal..mais que si c'est trop souvent, il faut alors passer à plus violent pour une plus grosse faute, et c'est là que ça peut déraper.
Et vous, pour ou contre la claque ?

Références :

vendredi 31 juillet 2009

Ca ressemblerait presque à une fougère...

Le week-end dernier, on a profité d'un temps presque potable pour aller faire un tour dans notre parc préféré : Karori Wildlife Sanctuary (officiellement appelé Zealandia). Du coup, évidemment, j'ai pris des photos, et notamment des photos de fougères.

J'ai ainsi pu commencer mon initiation à l'identification des fougères, grâce à mon cadeau d'anniversaire de la part de Jeff :

New Zealand ferns and allied plants

Certains qui traînent encore sur IRC m'avaient déjà entendue me plaindre du mal au yeux à force de parcourir des pages de photos de mauvaise qualité sur internet, dans le maigre espoir d'en trouver qui ressemblent vaguement aux miennes... Sans compter qu'il n'y a rien qui ressemble plus à une fougère qu'une autre fougère !

C'est là qu'avoir un vrai bouquin de référence, ça aide quand même beaucoup. Et petit détail assez pratique : Un des auteurs du-dit livre, Pat Brownsey, se trouve aussi être un collègue et totalement super gentil, du coup il a bien voulu corriger ma première tentative. Résultat des courses : 50% de bonnes réponses... Peut mieux faire.

Mais sans plus attendre, je vous présente mes premières découvertes :

Asplenium bulbiferum (Hen and chicken fern) :



Microsorum pustulatum (Hound's tongue fern) :



Cyathea medullaris (mamaku) :



Et on en a aussi profité pour croiser le bec de 2 brown teals, espèce en voie de disparition :



Et celle-là, c'est juste parce que vous le valez bien :



>> Toutes les photos sont là <<

dimanche 17 mai 2009

Un bon possum est un possum mort (Pt 2/2)

Nous voici donc bien rendus, avec cette invasion de vermine...

Mais que faire ?

Mais c'est bien sûr : il faut tous les niquer !

Ca a l'air barbare, mais c'est l'idée. Le Department of Conservation fait de son mieux pour contrôler les populations de possums, et limiter leur prolifération. Ca passe par plusieurs méthodes :
  • Les tuer avec des pièges
Assez efficace, mais très coûteux, parce qu'il faut que quelqu'un aille mettre les pièges et aille les inspecter après.


Comment réussir son piège, grâce au Wellington City Council
  • Les empoisonner
C'est une méthode assez efficace, mais très controversée à cause des dommages collatéraux. Les possums ne sont pas les seuls à manger les boules de poison, ce serait trop beau. Régulièrement, chiens et chats passent à la casserole, mais comme ils sont méchants aussi, on s'en fout... Par contre, les oiseaux, c'est gentil, et donc c'est mal qu'ils mangent aussi le poison.


Piège dans le Abel Tasman Park. Merci flickr et .eyebex
  • Les attraper avec des chiens
Efficace mais assez coûteux. C'est particulièrement utilisé dans les phases finales d'éradication : les chiens peuvent détecter les possums, mais surtout, ils peuvent détecter qu'il n'y en a pas. Ils servent donc à mesurer le succès d'une campagne.
  • Leur faire prendre la pilule
Plus réalistement, ce serait sous forme de piquouze contraceptive. Vacciner les femelles les empêcherait de procréer et donc les populations diminueraient. C'en est encore qu'au stade expérimental, donc c'est une affaire à suivre...

Genre c'est vraiment possible ?

A coeur vaillant, rien d'impossible ! Le tout, c'est d'y croire (et d'avoir des sous).

Le contrôle et l'éradication des possums est loin d'être sans effort, mais certains projets ont marché. La condition primordiale qui rend l'éradication des possums possible est de choisir un endroit où ils ne pourront pas revenir. Les îles ont donc été des cibles de choix pour les premiers programmes d'éradication :

Ca a inspiré une idée presque pas farfelue : et si on créait une île sur la terre ferme ? Bref, c'est comme ça que le Karori Wildlife Sanctuary a vu le jour en 1999. Une barrière de 8.6 km a été construite pour protéger 225 hectares de toutes les espèces non natives. En 2000, un plan d'éradication a suivi pour toutes les supprimer dans l'enceinte du parc. Cela a inclus 3 tonnes de possums qui sont maintenant en train de nourrir les pissenlits natifs du parc, pas loin des Weta Hotels.


L'enceinte du parc de Karori, spécialement conçue pour repousser les lapins qui creusent, les chats qui sautent et les possums qui grimpent (merci Flickr et TELPortFolio)

Même si ces zones restent isolées et nécessitent beaucoup d'entretien, elles ont l'immense mérite de permettre à la faune et la flore native de se régénérer, et de réintégrer ensuite les environs. Depuis que Karori a été construit, la population aviaire de Wellington a connu un boom. Et même dans notre jardin, on voit régulièrement des Tui et des Kereru, chose impensable il y a 10 ans seulement.


Tui qui se la coule douce au Karori Sanctuary. Promis j'essaierai d'en prendre un en photo à la maison.

Mais dans tout ça, on se demande si y a pas une part de mythe : depuis qu'on est là, on n'a quand même jamais réussi à voir un seul possum vivant !

Pour en savoir plus

jeudi 14 mai 2009

Un bon possum est un possum mort (Pt 1/2)

Ca faisait longtemps, et surtout, d'habitude c'est Jeff qui les écrit... Mais qu'à cela ne tienne, voici un post de fond sur ce qu'il se passe dans la Nouvelle Zélande, la vraie !

Kézako possum ?

Le possum est un marsupial dont les 64 espèces varient en taille de quelques centimètres à 1.20 mètre. Les possums n'ont rien à voir avec les opossums, si ce n'est une très vague ressemblance, qui leur a valu de porter un nom similaire. Ils sont natifs d'Australie, Nouvelle-Guinée et Sulawesi (Célèbes, Indonésie).


Photo venant du site du Sunshine Coast Regional Council, Australie

L'introduction en Nouvelle Zélande

Les premiers colons kiwis, cherchant des débouchés commerciaux, ont introduit le possum en Nouvelle Zélande en 1837, dans le but de les chasser et de vendre leur fourrure. Les bêbêtes ont ainsi été introduites dans 450 points du pays entre 1837 et 1920.

Mais...

Un bon possum est un possum mort


Photo prise aux Putangirua Pinnacles

Dès les premières années du 20ème siècle, des rapports arrivèrent constatant les dégâts causés par les affreux jojos sur les forêts, les récoltes et les potagers. Mais les scientifiques en vogue décidèrent que c'était négligeable, en comparaison avec les bénéfices qu'ils pourraient rapporter.

Résultat des courses, ces charmantes petites bêtes se sont répandues de façon intense et occupent maintenant plus de 80% du pays, avec environ 70 millions d'individus (17 possums par habitant, ou encore 2 possums par mouton).


Diagramme provenant des notices d'information de Landcare Research - Manaaki Whenua

A partir des années 40, les bêbêtes devenant hors de contrôle, ça a fini par se voir qu'elles posaient des problèmes...

  • C'est méchant avec les narbres
Un chiffre souvent avancé est que les possums boulottent en gros 21 000 tonnes de végétation par jour (300g x 70 millions de possums). Mais en vrai, c'est pas si pire que ça, vu que les forêts produisent aussi beaucoup de feuilles chaque jour. Le vrai problème, c'est que les possums ont leurs variétés d'arbres et de fruits préférées. Du coup, quand ils occupent une forêt, on observe rapidement un changement dans la répartition des espèces d'arbres de la forêt. Ils changent donc totalement les écosystèmes forestiers. Dans le meilleur des cas, quelques espèces disparaissent de la forêt. Dans le pire des cas, ça mène à la mort de la forêt.

  • C'est méchant avec les nanimaux
D'une certaine manière, parce que c'est méchant avec les narbres, c'est méchant avec les nanimaux natifs, parce qu'ils leur bouffent leur pitance. Mais des études récentes ont prouvé qu'en plus de ça, les possums sont bien des omnivores. Ils aiment les invertébrés, genre escargots et wetas, et complètent parfois leur régime avec des oeufs, voire des oiseaux entiers !

  • C'est méchant avec les nvaches
Comme s'ils n'étaient pas assez méchants, les possums attrapent aussi la tuberculose bovine. Les chercheurs s'en sont rendu compte après l'échec de leur campagne d'éradication de la maladie dans les années 60-70. Ils ont alors remarqué que des possums l'avaient contractée aussi, et l'avaient rendue aux vaches en mourant dans les pâturages, dispersant leur pus tout cracrabeurk et leur infection ce faisant.

To be continued...

lundi 3 novembre 2008

Elections (3/3) : les partis

Les élections arrivent à grand pas! C'est le 8 novembre...
Il est donc grand temps de se pencher sur les partis en présence et leurs têtes de proue.

Les perdants

Honneur aux petits qui n'ont pratiquement aucune chance de pencher dans la balance et pour lesquels rien qu'un siège tiendrait du miracle :

  • Alliance : un parti démocratique socialiste voulant que tout le monde soit bien payé et ait du logement et de l'énergie pas chers et de l'école et de la sécurité sociale gratuites.
  • Aotearoa Legalise Cannabis Party : pas besoin de développer j'imagine...
  • Democrats for social credit : un parti social démocrate pour une refonte du système économique et la promotion de l'entreprenariat
  • The Family Party : le parti chrétien de la famille, le résultat d'une refonte du défunt Destiny Party, financé par Destiny Church, une église à l'américaine.
  • Kiwi Party : un parti chrétien démocrate formé après une séparation de United Future
  • Libertarianz : parti promouvant la libéralisation à l'extrême, tant dans l'économie, que dans le social
  • New Zealand Pacific Party: un parti chrétien formé par un ancien du Labour... Aucune information supplémentaire trouvable...
  • RAM – Residents Action Movement : le parti du tout gratuit pour la famille et pour la disparition de la TVA
  • The Bill And Ben Party : 2 présentateurs d'une émission totalement délirante qui se tapent un trip à la Coluche, la crédibilité en moins
  • The Republic of New Zealand Party : libérons-nous de l'influence de cette satanée reine (voir premier billet de cette saga) !
  • Workers Party : Travailleurs, travailleuses, on vous ment, on vous spolie !

Les négociateurs

Intéressons-nous ici aux partis qui feront peut être pencher la balance dans les négociations pour désigner le Prime Minister, et qui auront donc une partie de leur revendications prises en compte dans le nouveau gouvernement.

  • ACT New Zealand : parti de droite à fond sur la chasse aux déliquants et la sécurité, tellement à droite que National ne s'alliera pas avec eux s'ils demandent un poste de ministre pour leur chef. Ne nous enflammons pas, c'est beaucoup plus light que l'extrême droite de chez nous. Cela ressemblerait même presque à du RPR. C'est juste que l'échiquier politique est plus recentré ici.
  • Green Party : nos amis les verts, en coopération avec le Labour, ce qui devrait continuer
  • Jim Anderton's Progressive : parti de gauche dont on entend pas trop parler, actuellement en coalition avec Labour
  • Maori Party : Le parti représentant les... Maoris. Ils veulent être perçus comme le parti de tous les Néo-Zélandais, mais c'est pas franchement évident en regardant ce qu'ils veulent faire, voire juste en regardant leur clip de campagne. Le but du parti Maori est de profiter le plus possible de la MMP sauce néo-zélandaise (voir partie 2 de cette saga !) et de récupérer tous les sièges de la liste Maori, alors même qu'ils sont estimés à 2% en tant que Party Vote. Tariana Turia raconte à qui veut bien l'entendre qu'ils pourraient envisager de s'allier avec National suivant ce que les conseils tribaux leur disent, mais cela paraît très improbable, la majeure partie de leur électorat étant pro Labour.
  • New Zealand First : le parti de Winston Peters, parti de gauche avec des politiques principalement tournées vers nos amis les seniors, mais pas que. Winston Peters a réussi à décrocher une place de ministre des affaires étrangères et de la course (2 portefeuilles très différents...) dans le dernier gouvernement, mais a dû démissioner après un scandale à propos d'argent donné par Glenn le millionnaire, dont il a été lavé après coup. Il y a quand même de beaux relents dans cette affaire sachant que Winston Peters avait poussé pour une place d'ambassadeur à Monaco pour Owen Glenn après avoir reçu 100 000 dollars de ce même millionnaire. M'enfin, c'est légal... enfin il paraît. Plus de détail sur cette affaire abracadabrantesque aux liens suivants :

Petit détail pour finir de cerner le personnage... Il a aussi reçu 150 000 dollars de donations de la famille Vela, une famille importante du domaine de la course (son 2ème portefeuille)...

  • United Future : parti du centre formé par d'anciens députés Labour et National, en accord avec le Labour dans le gouvernement actuel (leur chef Peter Dunne est ministre). Ce parti est en perte de vitesse.

Les gagnants

Les deux gros partis sont le National et le Labour. Les deux partis sont très centristes au point d'avoir beaucoup de propositions similaires, mais font un peu l'élastique pour pouvoir s'adjuger la coopération d'autres partis du même bord. Même si le découpage des partis semble indiquer que tous les partis sont de gauche, cela n'augure en rien du résultat des élections... Se désunir semblant être une constante internationale de la gauche.

Labour :
parti de centre gauche dirigé par Helen Clark. Helen Clark est au pouvoir depuis 1993, donc "forcément", les gens veulent du changement. Il n'est pas rare d'entendre des gens énoncer ce besoin de changement comme leur seul argument pour voter National. Il n'est pas très rare non plus d'entendre des gens dire qu'ils ne voteront pas parce que les deux candidats sont trop similaires et qu'ils se foutent que ce soit l'un ou l'autre. Le Labour n'a pas d'ambition type vrai faux changement à la Sarkozy mais propose plus ou moins de continuer sur sa lancée. Les avancées majeures des différents gouvernement de Clark concernent principalement le social :

  • introduction de l'équivalent des allocations familiales
  • réévaluations fréquentes du salaire minimum
  • longs congés payés parentaux
  • prêts à taux zéro pour les étudiants
  • équivalent d'un PACS
  • baisse du chômage
  • ajout d'une semaine de congés payés

Ce bilan a l'air somme toute pas mal, enfin au moins vu de l'extérieur. Une particularité de ce gouvernement de gauche est que la dette publique est passée de 30% du PIB à... 20% ! Que demande le peuple ! Il y a certainement d'autres points que j'ai dû oublier mais globalement, je n'ai entendu personne critiquer le bilan de Clark. Le seul problème majeur actuellement est que les Kiwis s'enfuient en masse en Australie pour gagner plus d'argent. Mais l'Australie a plus d'arguments en terme de taille et surtout en termes miniers, ce qui explique en grande partie la différence entre les deux pays.

Mais bon voilà, le ras-le-bol de voir sa tête et sa campagne dirigée avec l'élan et la fougue d'un gastéropode faisant la sieste sur la plage en buvant une bière risquent de lui coûter sa place. Son seul salut passera par sa faculté à former des alliances (tous ses gouvernements ont été des coalitions) dans l'éventualité où les petits partis récoltent suffisamment de votes.

National :
parti de centre droit dirigé par John Key. John Key est à la tête du parti National depuis deux ans. Il semblerait qu'après maintes défaites, National ait compris que la meilleure tactique pour renverser Clark est de jouer la carte du changement. Les faits que Don Brash, le précédent leader, ait été un personnage controversé et qu'un livre controversé le concernant allait sortir ont beaucoup aidé à sa démission et à la nomination de Key.

Monsieur Key n'attaque pas vraiment Helen Clark dans une campagne qualifiée au mieux de soporifique (pour les deux partis) par les observateurs politiques. Certains évoquent un “agenda secret” du National une fois qu'ils seront au pouvoir. En effet, certaines fuites ont montré des personnages importants de la campagne de Key parlant de privatisation de KiwiBank (la banque néo-zélandaise fondée sous Clark en 2002 pour concurrencer les banques hésitantes... Toutes australiennes !), de KiwiRail (l'équivalent de la SNCF) ou d'abolir les sièges Maoris. Toutes ces fuites ont bien évidemment été réfutées et les responsables remerciés... A voir quand il sera premier ministre...

John Key est un ancien trader financier sur les marchés monétaires, ce qui le qualifie selon lui à diriger la Nouvelle Zélande en ces temps de récession mondiale. Personne, pas même Clark, n'a fait le lien en public, avec le fait que cette crise est en partie due à la spéculation des traders. John Key ne veut pas que la Nouvelle Zélande reste un leader de l'environnement au niveau mondial. Ce genre de position apporte un bon soutien des agriculteurs qui sont les plus pénalisés par les mesures pour lutter contre l'émission de gaz à effets de serre (à cause du caca de mouton et de vache). John Key veut construire une nouvelle usine de production électrique... à charbon ! Et John Key veut aussi enlever la participation des entreprises au programme national de retraite (un système individuel dans lequel l'entreprise et l'Etat contribuent à l'épargne de l'employé, si celui épargne). John Key a des propositions intéressantes dans l'éducation. Mr Key était favorable à la guerre en Iraq, en son temps.

Bon, je viens de me rendre compte ce soir après avoir vu les deux débats entre les leaders, et écrit la partie sur “les gagnants”, que la balance de l'information que je perçois est totalement en défaveur de Key. Je pense avoir abordé le problème de façon objective, au moins c'était l'objectif de départ, ne connaissant aucun parti et aucun leaders de la politique avant de commencer cette saga. Bon d'accord, je connaissais Key et Clark, mais je ne savais rien en terme de programme ou de bilan sur aucun des deux. J'ai peut-être/certainement loupé de l'information quelque part, mais j'ai du mal à comprendre comment la balance penche tellement en faveur de Key dans les sondages (plus de 50% !).

Pour ceux qui ont bien suivi la partie 2, plus de 50% de Party Vote ne signifie pas pour autant que National est certain de gouverner. En effet, si le parti Maori gagne les 7 sièges de la liste Maori et a un petit pourcentage de partie vote (2% aux dernières estimations), le nombre de sièges supplémentaires dûs à la MMP peut signifier qu'une coalition menée par la Labour a la majorité. Quoiqu'il en soit, il est très probable que National forme le prochain gouvernement et il est même très possible qu'il le forme seul (sans coalition avec ACT ou United Future). On verra bien...

A samedi !

Références
Pourquoi John Key devrait être Premier Ministre
Pourquoi Helen Clark devrait être Premier Ministre
Parlement Actuel
Matrice détaillée de coalition entre partis (sur chaque loi ! on devrait avoir la même chose en France)
Sondages mois par mois
N pages de wikipedia

dimanche 12 octobre 2008

Elections (2/3): le vote

Cette partie est dédiée à tous ceux qui pensaient que les élections en France sont compliquées.

L'exception Maori
Dans les votants, il y a les Maoris et les autres...
Les Maoris ont le choix entre être sur la liste générale ou la liste Maori pour les élections. Le nombre de Maoris enregistrés dans la liste Maori va déterminer un nombre de sièges parlementaires (7 pour les élections présentes) réservé pour les Maoris.
Il n'est possible de changer de type de liste que tous les 5 ans pendant la période d'option électorale Maori, juste après la période de recensement, ceci pour éviter que des Maoris ne s'enregistrent sur la liste Maori pour augmenter le nombre de sièges Maori puis changent pour voter dans la liste générale, pouvant augmenter par ce fait de manière virtuelle l'impact du vote Maori.
Cette distinction existe depuis 1867, soit peu après le traité de Waitangi (encore lui, il va vraiment faire un ou N articles dessus).

Donc, si vous avez bien suivi jusqu'ici, il y a deux types de votants (liste générale et liste Maori) et 2 types de parlementaires correspondants. Les électeurs et parlementaires de la liste générale peuvent être Maori.

Deux votes en un
Ca serait trop simple si on en restait là. Chaque votant pour l'élection à le droit à un "MP vote" (vote pour un parlementaire) et à un "party vote" (vote pour un parti). Le "MP vote" est le fait de voter pour un parlementaire donné parmi ceux qui se présentent dans le district électoral dans laquelle l'électeur vote. Le "party vote" est le fait de voter pour un parti se présentant à l'élection, cette liste étant la même pour tous au niveau national.

Les districts électoraux
Comme déja abordé, le nombre de districts électoraux Maori est de 7. La liste générale est elle scindée en 63 districts électoraux.
Prenons un moment pour aborder la façon dont les districts électoraux sont déterminés.
La règle de base stipule que tous les districts électoraux doivent contenir le même nombre d'habitants électeurs. Par décret, l'unité de base du découpage est le seizième d'île du Sud...Ceci signifie donc que tout district électoral contient un nombre d'électeurs égal au seizième du nombre d'habitants de l'île du sud inscrits sur la liste générale.
Cela signifie également qu'il est nécessaire de recalculer fréquemment les districts électoraux pour prendre en compte les flux migratoires (après le recensement et l'option électorale Maori). Pour simplifier le découpage, le nombre d'électeurs d'un district électoral peut varier de +-5% par rapport à son quota.

Le nombre de parlementaires non élus par un district électoral, appelés “List MPs”, est déduit du nombre de sièges au parlements et du nombre de disctricts électoraux et est donc de 50 actuellement (120 – 63 – 7 pour ceux qui n'ont pas suivi).

MMP
Pour ajouter à tout ça, le système Mixed Member Proportional est utilisé.

Et là, c'est le drame.

Les "electorate MPs" sont élus par le choix du "MP vote" dans un district donné. Les "List MPs" sont utilisés pour combler la différence entre le résultat du "MP vote" et le résultat du "Party vote" au niveau national, avec une barre minimum de 5%, sauf si le parti a gagné un district.
Prenons un exemple...
Grâce au "MP vote", le parti 1 a 25 députés, le parti 2 a 40 députés et le parti 3 a 5 députés.
Le résultat du "party vote" au niveau national est comme suit:
49% pour parti 1, 49% pour parti 2 et 2% pour parti 3.
Partis 1 et 2 ont droit à 59 parlementaires chacun (49% * 120).
Parti 1 ajoute donc 34 "List MPs" à ses 25 "electorate MPs".
Parti 2 ajoute 19 "List MPs".
Parti 3 a moins de 5% mais a gagné des districts, son "party vote" est donc pris en compte et il a droit à 2 parlementaires. Or il en a gagné 5 grâce au "MP vote", soit trois de trop. Son nombre de sièges n'est pas changé et le parlement a donc 123 députés.
Les deux concepts les plus importants ici sont que les sièges gagnés grâce au "MP vote" sont irrévocables et que un parti doit avoir au moins 5% de "party vote" ou 1 district électoral gagné pour être représenté au parlement.
Si un candidat sans parti est élu dans un district, les calculs relatifs au "party vote" se feront sur la base de 119 sièges attribuables.
Un "party vote" pour un parti ne dépassant pas les 5% et n'ayant pas gagné de district est considéré comme un non vote lors du processus d'allocation des sièges.
Chaque parti doit fournir avant les élections une liste publique ordonnée de "List MPs" qui sera utilisée dans ce processus.

Profitons de la fin de cette partie pour faire une première pause “références” relative à ce billet et au précédent.

Prochaine et dernière partie: les partis et les grandes figures du monde politique néo zélandais.